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Le provençal
Données collectées par l’Union Latine qui œuvre à la mise en valeur de l’héritage culturel de ses 37 pays membres.
Données sur la langue provençale
Noms alternatifs : prouvençaou, patois, langue d’Oc, prouvençau, occitan
Classification : indo-européenne, romane, variante de l’occitan
Aire : Europe – Sud Est de la France et Italie du Nord Ouest
Nombre de locuteurs : 1 million
Blanchet (1999a) donne environ 1 million de locuteurs, dont 500 000 actifs et 250 000 qui utilisent couramment le provençal.
Statut de la langue :
| Sud-est de la France | Pas de statut officiel |
| Vallées italiennes du Piémont | Pas de statut officiel |
Institutions:
Collectif Prouvènço pour la langue et la culture provençales
Consulta provenzale
Coumboscuro Cèntre Prouvençal (Italie)
CREO Provence (Centre régional d’études occitanes de Provence)
I.E.O. (Institut d’Estudis Occitans)
L’Escolo dei Felibre de la Mar
Le Félibrige (Lou Félibrige)
Lou Prouvençau a l’Escolo
Parlaren
Unioun Prouvençalo
Unioun Prouvençalo Transaupino
Vitalité et transmission:
Le provençal est considéré « sérieusement en danger » par l’Unesco.
Médias et enseignement:
Musique : existence d’un large répertoire de chants traditionnels, religieux (noëls) et populaires chanté par des groupes divers
Musique : existence de groupes de jeunes musiciens interprétant des chansons en provençal («occitan») sur des rythmiques et des instrumentalisations modernes (Massilia Sound System, Gacha Empega, Dupain)
Musique, danses et costumes : existence de nombreux groupes folkloriques qui chantent notamment en provençal.
André Chiron, chanteur provençal (Vaucluse)
France 3 Méditerranée : quelques journaux télévisés en provençal, émissions régulières les week-ends, doublage de dessins animés en provençal (Tintin, Cédric, contes pour enfants…).
Vaqui (émission télévisée hebdomadaire en provençal sur France 3 Méditerranée)
Journaux
Aquo d’Aqui, journal mensuel bilingue français-provençal, avec graphie occitane
Coumboscuro, journal émanant de l’Association italienne du même nom
L’Astrado Prouvençalo, éditeur qui publie aussi une revue du même nom
La Calanco, revue bilingue français-provençal de l’Association L’Escolo dei Felibre de la Mar
La Marseillaise (quotidien en français) : quelques courtes chroniques hebdomadaires (jeudi) en graphie occitane
La Provence (quotidien en français) : une courte chronique hebdomadaire (dimanche) en graphie mistralienne
La Valaddo (Italie), revue des vallées provençales / occitanes d’Italie
Li Nouvello de Prouvènço, revue d’actualité en provençal émanant des Associations Parlaren
Lou journau de Prouvènço sus lou net (Prouvènço-Presso), journal en provençal en ligne
Me disoun Prouvènço, revue bi-annuelle bilingue émanant du Collectif Prouvènço
Plusieurs petits journaux ou petites revues émanant d’associations locales
Prouvènço d’Aro, mensuel en provençal
Livres
Quelques rares romans, recueils de poésies ou pièces de théâtre encore publiées (J.-P. Tennevin)
Enseignement
Enseignement facultatif dès le collège.
Précisions historiques
- XIIe-XIIIe siècles : Le « provençal » est considéré comme la langue de la grande poésie lyrique d’occident, à travers les oeuvres des troubadours. Mais il s’agit surtout d’une koinè littéraire plus que d’une langue de communication.
- 1246 : Charles 1er d’Anjou, frère de Saint-Louis, épouse Béatrice de Provence, fille du comte de Barcelone, et devient comte de Provence.
- 1480 : Le roi René d’Anjou, comte de Provence, lègue à son neveu Charles du Maine sa couronne provençale. Mais Charles III de Provence meurt en 1481 ; la couronne de Provence passe au roi de France, son cousin et protecteur, mais avec certaines conditions, et notamment celles de respecter des privilèges, des droits et des franchises spécifiques à la Provence.
- 1482 : Le roi Louis XI accepte le testament de Charles III de Provence.
- 1486 : Charles VIII, fils de Louis XI auquel il succède, signe l’acte d’union de la Provence à la France.
- 1487 : Les États de Provence, réunis à Aix, ratifient la réunion de la Provence à la France.
- 1595 : Obros et rimos provensalos de Bellaud de la Bellaudière, 1er livre imprimé à Marseille.
- XVIe-XVIIIe s. : Le provençal, au contact du français, voit son prestige s’affaiblir. Certains représentants de l’élite bourgeoise provençale et de la noblesse se mettent au français dans un but de promotion sociale. Mais le peuple parle majoritairement provençal.
- XIXe s. : Le français devient peu à peu majoritaire dans les villes (Marseille). Le provençal est encore parlé dans les quartiers populaires. Les Provençaux sont dans une période de bilinguisme.
- 1854 : Fondation du Félibrige, mouvement littéraire de défense et de renaissance de la langue, avec Frédéric Mistral.
- 1859 : Mireille, de F. Mistral. Dans ce livre, Mistral permet la grande diffusion de l’orthographe travaillée avec son ami Joseph Roumanille.
- 1880-1886 : Parution du dictionnaire provençal-français Lou Tresor dóu Felibrige de Mistral.
- 1904 : Frédéric Mistral reçoit le Prix Nobel de littérature (partagé).
- 1946 : Création de l’Association Lou Prouvençau à l’escolo («Le provençal à l’école»).
- 1951 : Loi Deixonne du 11 janvier, qui favorise l’enseignement des « langues et dialectes locaux dans les régions où ils sont en usage », c’est-à-dire à l’époque breton, basque, catalan et occitan.
- 1975 : Loi Haby du 11 juillet qui, dans son article 12, affirme qu’ « Un enseignement des langues et des cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité.
- 1977 : La chaîne de télévision FR3-Méditerranée diffuse pour la première fois un programme en provençal.
- 1981 : Un arrêté du Recteur de l’Académie d’Aix-Marseille rend obligatoire l’enseignement de la graphie occitane à côté de la graphie mistralienne en Provence, ce qui entraîne de vives protestations en Provence chez les provençalistes.
- 1982 : Un rapport commandé par le ministère de la Culture à l’occitaniste Henri Giordan soulève un tollé de protestations en Provence, où les provençalistes refusent de voir leur langue fondue sous le nom « occitan ».
- 1984 : L’arrêté de 1981 est annulé en justice suite à une plainte de l’Union des écrivains provençaux.
- 1988 : Arrêté ministériel national relatif à l’enseignement des langues régionales. Les programmes de l’Éducation Nationale imposent le respect de la graphie de l’auteur étudié et reconnaissent les différentes variétés d’oc.
- 1992 : Création d’un CAPES « occitan-langue d’oc ».
- 1993 : Le gouvernement français, avec l’intention de maintenir l’héritage du passé et de sa culture, a fait la promotion de certaines dispositions pour que les écoles enseignent le provençal, ainsi que d’autres langues régionales.
- 1999 : À Marseille, le capoulié (président) du Félibrige et le président de l’IEO s’accordent sur le respect mutuel des deux graphies « mistralienne » et « classique » ou « occitane ».
- 2003 : La DGLF-LF tente de coordonner les mouvements d’oc afin d’unifier le sud de la France et de trouver un interlocuteur unique sur les questions d’aménagement linguistique, mais les réactions sont assez négatives à ce qui est perçu comme un désir de main mise occitane sur la diversité linguistique et les spécificités de chacune des langues, notamment en Provence.
- 17 mai : Tenue des États généraux de la langue provençale et niçoise à Pernes-les-Fontaines, à l’initiative du Collectif Prouvènço et en réaction contre les intentions de la DGLF-LF.
- 24 mai : Tenue à Fuveau des États généraux de la langue régionale.
Précisions sociolinguistiques
Autrefois, « provençal » était employé comme hyperonyme pour désigner l’ensemble des variétés linguistiques du sud de la France. Cet emploi était fréquent au Moyen-Âge.
Aujourd’hui, « provençal » renvoie à une variété parlée en Provence et dans ses alentours immédiats, dans le quart sud-est de la France.
Pour une majorité de Provençaux, le « provençal » n’est pas un dialecte de la langue d’oc ou de l’occitan, mais une langue à part entière. Cette conscience linguistique et identitaire apparaît
très forte dans les discours et dans les représentations linguistiques qu’ils livrent. On peut parler d’une véritable individuation de la langue.
Deux points de vue différents sont donc à comprendre. D’un côté, on envisage l’existence d’une unité linguistique autour d’une langue, « l’occitan », dont les dialectes seraient le languedocien, le limousin, le provençal, etc. D’un autre côté, on considère que la fragmentation est telle qu’on ne peut plus parler de dialectes, mais bien de « langues d’oc ». Certaines zones (Gascogne, Provence) soulignent avec force leurs singularismes, pour se démarquer de ce qu’ils considèrent comme une uniformisation artificielle. (voir «occitan»)
On doit distinguer les locuteurs « actifs » des locuteurs « passifs ». Nombre de Provençaux comprennent le provençal (qui est structurellement proche du français), mais ne le parlent pas. Le provençal a largement influencé (et influence encore) le français régional de Provence dont la variété la plus célèbre est celle de Marseille («parler marseillais»). Ainsi, beaucoup de Provençaux connaissent le provençal à travers le français régional et les nombreuses expressions en provençal qu’il comprend.
Sources et bibliographie complémentaire
Sources et Bibliographie
BARTHELEMY-VIGOUROUX, Alain, MARTIN, Guy (2000), Manuel pratique de provençal contemporain, Edisud.
BLANCHET, Philippe (1992), Le provençal. Essai de description sociolinguistique et différentielle, Institut de Linguistique de Louvain, Peeters, Louvain-la-Neuve.
BLANCHET, Philippe (1999a), Parlons provençal, L’Harmattan.
BLANCHET, Philippe (1999b), « L’enseignement du « provençal-langue d’oc » aujourd’hui : quels contenus pour quels objectifs ? », in Lidil, n° 20, « Les langues régionales – Enjeux sociolinguistiques et didactiques », Université Stendhal, Grenoble III.
BOUVIER, Jean-Claude, « L’occitan en Provence. Le dialecte provençal, ses limites et ses variétés », in Revue de Linguistique romane, t. 43, n° 169-170, janvier-juin 1979, pp. 46-62.
HAGEGE, Claude (1996), Le français : histoire d’un combat, Editions Michel Hagège, Le Livre de Poche.
Liens pour en savoir plus
Occitan-provençal (DGLF)
Si vous avez des informations complémentaires sur cette langue n'hésitez pas à nous contacter : contact@sorosoro.org



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